27 avril 2010

Beautés désespérées

Hier, je travaillais dans un manège empoussiéré, en fines bretelles et suant à grosses gouttes.

Et aujourd'hui, ça :


Une tulipe qui se camoufle en bouton de rose portant avec élégance un boa de neige duveteux... 









Et ses voisines, toutes aussi frigorifiées...






Journée entière de vent, de froid et de neige afin que nous nous souvenions de l'hiver.
Comme si nous pouvions l'oublier !


Facétie météorologique, mauvaise blague pour les chevaux qui n'ont plus leurs boucles d'hiver, dure journée pour les merles et autres oiseaux qui couvent frileusement leur oeufs tous neufs...  et une petite Chaïma qui s'impatiente dans son grand box. Elle ne réalise pas sa chance et son confort !

22 avril 2010

Soyons fous !

Flottant béate sur mon petit nuage rose - vous savez, celui dont on voit toujours sortir Pégase -, inconsciente des périls inhérents à une surdose de bonheur et dans l'incommensurable joie provoquée par mon retour en selle, j'ai poussé la folie jusqu'à dire oui à la divertissante et sympathique Michèle, épouse de mon patient prof, lorsque celle-ci me proposa d'essayer sa selle d'amazone...

Ce qu'il vaut mieux savoir avant de se lancer dans l'aventure :

a) idéalement, une selle d'amazone doit être faite sur mesure pour le dos du cheval, afin qu'elle soit le plus horizontale possible;

b) une selle d'amazone est, toujours dans l'idéal, faite aussi aux mesures de l'intrépide cavalière (qui, toujours dans un monde idyllique, devrait posséder des cuisses de mouches...);

c) obligatoirement, la présomptueuse cavalière doit posséder un orgueil soit démesuré (pour penser que les gloussements du public sont dus à des exclamations admiratives), soit totalement absent (pour ignorer superbement les railleries de la plèbe se gaussant);

d) malgré ce que la légende prétend, il n'est pas nécessaire de se trancher le sein gauche avant de se hisser en selle, car il ne sera aucunement question de tir à l'arc *

*Selon la légende, les Amazones habitent les rives du fleuve Thermodon, en Cappadoce dans l'actuelle Turquie. Elles tuent leurs enfants mâles ou les rendent aveugles ou boiteux, pour ensuite les utiliser comme serviteurs. Quant aux femmes, elles coupent leur sein droit pour faciliter le tir à l'arc. Pour assurer la perpétuation de leur civilisation, elles s'unissent une fois par an avec les hommes des peuplades voisines dont elles choisissent les plus beaux (...) (source: La légende des Amazones, Wikipédia)
Maintenant que j'ai affaire à un public averti, j'ose me commettre en vous présentant quelques images de l'aventure. Les images sont extraites d'un vidéo et la caméra était programmée pour une source de lumière au tungstène, alors la qualité n'y est pas - pas du tout - mais cela donne une idée de mon audace (ou témérité, au choix !)



Mise en selle et recommandations du Maître.
Harmony est manifestement plus attentive que sa cavalière qui, soudainement,
se demande sérieusement ce qu'elle est venue faire dans cette galère !

Le Maître : c'est sûr que si la selle était horizontale et les cornes plus adaptées... Allez ! En avant !
L'épouse du Maître : De toute façon, on ne peut pas tomber d'une selle d'amazone !

Isabelle : Ça, ça reste à prouver ! Aïe mon dos ! Ouille ça glisse ! Mais que fait ma jambe droite à cet endroit ? Comment baisser le talon du pied gauche et SIMULTANÉMENT pointer le pied droit ? Maman, vient chercher ta fille !!!

Harmony : Qu'est-ce que c'est que ce bazar, encore ? Je viens de bosser sérieusement durant 1h30, je pensais retourner tranquille voir les copines, et voilà les deux-pattes ont trouvé un nouveau moyen de tester ma bonne volonté et ma patience... Et qu'est-ce qui lui arrive à l'Isabelle, pourquoi est-ce qu'elle a une cravache à la place de sa jambe droite ? JE N'AI JAMAIS EU BESOIN DE CRAVACHE !!! J'hésite en me sentir insultée ou collaborer, histoire de voir où ils veulent en venir... Zen, ma fille, respire...






Mise en route...

Isabelle : Bassin bien droit, ok; talon gauche baissé, ok; pied droit pointé, ok; regarder loin devant, ok; cravache discrète, ok; épaule droite un peu reculée, ok... il me semble que je ne me sens pourtant pas super bien... ah oui ! Ne pas oublier de res-pi-rer ! (long et profond soupir)

Harmony : Bon, a priori c'est bizarre, mais je comprends ce qu'elle me demande, enfin, je pense. (Soupir), j'entends déjà les commentaires des copines. A-bné-ga-tion. Faut-il que je l'aime bien, l'Isabelle, pour me donner ainsi en spectacle. Et puis le tapis de selle, c'est du n'importe quoi ! (long et profond soupir)...






En avant, calme (en surface !) et droit !
Pour la légereté, on repassera...


Isabelle : C'est pas si mal et plutôt sympathique ! Bon, il faudrait que j'échange ma beauté de nymphe alanguie pour une élégance de gazelle élancée, mais puisqu'à l'impossible nul n'est tenu... Ça coûte combien une selle sur mesure ?

Le Maître : Tout va bien, nous allons donc trotter !

Isabelle : QUOI !!!!!!! AAAARGH !

Harmony : Aïe !

Note : je ne publierai pas le vidéo, il va falloir que vous imaginiez. La première tentative de trot a été, disons, discordante. La deuxième, déjà mieux. La troisième, presque confortable (ou l'aurait été si la corne de la selle ne me rentrait pas dans la cuisse...)





De plus en plus à l'aise...
(ça aide quand on respire...)





Finale grandiose, foule bouche-bée.

Je suis partante pour une autre expérience...
si la selle est mieux adaptée au cheval;
si la cavalière est mieux adaptée à la selle !

«Qui ne vaut pas une bonne risée
ne vaut pas grand chose
Ulric Dufort
(grand-père d'André)


Un grozénorme merci à Philippe pour sa patience et son Art et à Michèle pour ses encouragements !
Pour commander Douze siècles de langage autour du cheval, le livre fort instructif et passionnant publié récemment par Philippe Fournier (cité ci-dessus comme Le Maître) :


20 avril 2010

Petite chronique personnelle

Bonjour !

La chronique qui suit est un peu plus personnelle qu'à l'habitude, moins orientée vers le cheval, plus nombrilitique, mais aussi le témoignage d'une certaine euphorie. Sachant que la plupart des lecteurs assidus de ce blog sont des gens qui m'aiment ou me connaissent personnellement, je me dis que je peux bien m'épancher un peu. Pour les autres, soit vous lisez et cela vous donne l'occasion de me mettre en contexte pour vos prochaines lectures, soit vous passez votre tour et sautez directement à la lecture passionnantes des archives des quatorze derniers mois... 

Le temps file si vite lorsqu'il fait beau et qu'un troupeau de chevaux quémande séances de travail en alternance aux séances de tendresse...

Oui j'ai recommencé à monter, avec sérieux et rigueur, tous les jours ou presque.*
* J'entends déjà les murmures des non-initiés qui ne comprennent pas que je ne passais pas déjà toutes mes journées à cheval. Ben non. Ça ne fonctionne pas comme ça. Cordonnier mal chaussé, exigence des soins et suivis d'un élevage; c'est ce qui fait la différence entre un cavalier propriétaire et un éleveur... Alors quand il y a moyen d'unir les deux, je ne peux que m'exclamer : YOUPLABOUM, le bonheur !!!

Ceux qui me connaissent savent qu'une des raisons qui me tenaient les pieds fermement ancrés au plancher des vaches est un mal de dos aussi douloureux que chronique, persistant, tenace, invalidant, parfois décourageant. Et bien, après deux années de soins ostéopathiques intensifs et 3 mois de yoga, je peux dire que j'ai retrouvé un dos relativement fonctionnel. Les douleurs sont récurrentes et traîtres, mais gérables. Surtout, je retrouve le plaisir non seulement de monter, mais de travailler avec ma monture. En avant, calme, droit et léger*. Je pratiquais déjà sérieusement le calme et droit, je peux maintenant tenter d'appliquer le en avant et léger.

* Devise du Cadre Noir de Saumur, mais aussi de Franck Grelo (écuyer de réputation internationale originaire du Portugal, compatriote de Nuno Oliveira, avec qui il a monté durant 3 ans) dont j'ai eu par deux fois le plaisir d'admirer l'Art et la prestance lors de stages à La Luna Caballera.

Alors que je le prévenais que cela faisait des années (qui se comptent en dizaines) que je n'avais pas suivi de cours d'équitation classique, mon prof m'a assuré que, comme la bicyclette, cela ne s'oubliait pas.

À force de prendre les chemins moins fréquentés de l'approche éthologique et du travail à pieds, de laisser parler feeling et instinct, je suis probablement devenue une bien meilleure «femme de cheval», mais je craignais que ma posture et ma technique laissent très beaucoup grandement à désirer... Que nenni ! Tout revient et se met en place naturellement (merci Philippe !)... Je me découvre capable de 100% de concentration et d'attention (merci aux chevaux !) Et, surtout, je retrouve un bonheur et une joie qu'une crainte de me blesser avait repoussées en arrière plan. Il me reste à pratiquer,  exercer, pratiquer encore et toujours, afin de retrouver une assiette qui fut légendaire (oh, il y a bien longtemps, ma cousine Joëlle vous dira qu'elle était morte et oubliée (mon assiette, pas ma cousine !) depuis un moment déjà : je crois que je ne m'étais jamais sentie aussi empotée à cheval que lorsqu'elle m'a permis de monter son  beau Yorik, il y a quelques années. Rien que d'y penser, le rouge de la honte me remonte au front !) et enfin réaliser un rêve : être digne de monter mon beau ténébreux et d'effectuer avec lui quelques pas de danse. Il y a loin de la coupe aux lèvres, des années indubitablement, mais même un escalier de mille marches se gravit en commençant pas poser le pied sur la première marche.


«Certes, un rêve de beignet, c'est un rêve, pas un beignet.
Mais un rêve de voyage, c'est déjà un voyage...»

8 avril 2010

Chaïma, 3 jours et quelques heures



Voici les images que j'ai pu prendre, sous un ciel d'orage. L'avantage, sous un ciel aussi sombre, c'est que le moindre rayon de soleil sublime les couleurs.

Le soleil ne nous a pas fait le plaisir de rester plus de quelques minutes, mais juste assez pour qu'une ou deux prises de vues ne soient pas si mal... malgré un appareil photo qui a de sérieux problèmes mécaniques.



Manifestement, Chaïma, elle, n'a aucun problème mécanique !






Ciel d'orage et soleil du matin, je suis sagement maman...
en route pour les grands espaces et le terrain de jeux !






Le soleil est parti, mais je t'offre mon plus joli profile...






Regarde, maman, je plane !





Vous avez vu ma jolie crinière toute pleine de frisous ?

(ce profile aussi est pas mal... ;o)

7 avril 2010

L'envers du décor

Merci pour toutes les suggestions de prénoms pour cette jolie demoiselle ! Que cela soit celles parvenues par le biais des commentaires ou directement dans notre boîte de courriels, c'est la première fois que nous recevons autant de suggestions et, surtout, de propositions intéressantes !

Il faut dire que je suis particulièrement pénible quand vient le temps de donner son nom à un nouveau poulain : pas de mot anglais, pas de noms que j'ai déjà entendu pour un cheval, pas de noms quétaine, il faut que la signification soit positive, que cela sonne bien, que cela respecte la lettre, qu'il colle à l'histoire ou à la personnalité du bébé et que je le «sente» juste. Sans parler des jeux de mots et autres calembours auxquels le nom pourrait se prêter... Imaginez combien nous avons dû nous creuser les méninges l'an dernier, avec onze naissances !

Donc, Chaïma cela sera. Même si cela ne se prononce pas comme cela s'écrit (le «ch» se prononce à mi-chemin entre la jota espagnole et le «r»), on verra à l'usage quelle prononciation nous garderons.

Nous allons espérer un peu de soleil aujourd'hui afin que je puisse faire les photos officielles des trois jours. En effet, un dicton dit que c'est à 3 jours, 3 mois et 3 ans que l'on évalue la conformation d'un cheval... et un autre dit que c'est à 2 jours, 2 mois et 2 ans... Moi, je dis que cela dépend des chevaux ! Mais il est vrai qu'entre 2 et 4 jours, nous avons une bonne première idée de la conformation osseuse, du ratio et des proportions. Entre 2 et 3 mois, c'est plus une impression générale, une harmonie des formes, une définition des aplombs que je vais juger. Les trente mois suivants seront une succession de poussées de croissance qui feront qu'un jour le poulain semble admirablement harmonieux et que le lendemain, il ressemble à un jeune orignal dégingandé, aux oreilles trop grandes et au cul trop haut !

Tout ça pour dire que je n'ai pas eu l'occasion de prendre de nouvelles photos de Chaïma, mais que cela va venir ! Par contre, je peux vous confirmer que la gazelle a bien débrouiller le mode d'emploi de ses jambes fines et qu'elle a pratiqué le sprint et la cabriole. Elle a aussi testé le moelleux de l'herbe tendre du printemps et confirme que le lait de sa mère est savoureux et plein de bonnes choses qui font grandir les poulains !

Pour vous faire patienter, je vous mets les photos de l'envers du décor; c'est à dire, les photos qu'André a prises lorsque je faisais les premières photos officielles de Chaïma...



Les fesses calées sur le montoir, j'écoute les précieux conseils de Nymph...

(la véritable histoire étant que je lui explique qu'elle doit rester derrière
moi et enlever ses doux naseaux de l'objectif de l'appareil photo !)






Résignée, Nymph se contente de me tenir compagnie
(dès fois que j'aurais besoin d'aide...)






Prise par André, j'aime beaucoup cette photo !

4 avril 2010

10 heures plus tard...

Première sortie et premières photos officielles.
La demoiselle n'a pas encore tout à fait 10 heures et tricote encore avec ses interminables jambes.
Nous sommes en pleine cogitation pour un prénom qui commence par «C», voir «Ch». Suggestions bienvenues, mais Chipie, Chipolata et Chizwiz sont exclus !



Bonjour ! J'ai le regard franc et l'approche facile...




... je suis particulièrement bien conformée, ferme et droite sur
mes guiboles des danseuse !







J'aime les bisous de ma maman...







... sauf quand ils sont trop humides !







Mon sens de l'humour s'est aussi très bien développé in utero !



Alors, comment allez-vous m'appeler ?

340e Jour (bis)

Je vous expliquerai la signification du titre plus tard, pour l'instant, nous allons laisser parler les images...



23h40





23h42






23h45

2 avril 2010

342e Jour, 4e nuit...

1 avril 2010

Naissance

Il y a eu une jolie naissance, cette nuit.

La mise-bas s'est très bien passée, tout s'est fait dans les normes et sans heurts.

Pour une question d'éclairage, il a fallu que j'attende que le soleil monte un peu plus haut dans le ciel pour pouvoir prendre des photos potables.

À peine avais-je pris quelques clichés, que mon appareil photo me lâche. Horreur ! Il semble que l'obturateur ne s'ouvre plus en entier, ce qui me prend de jolie bandes photos, sur lesquelles on ne voit rien (évidemment).

Pour moi, c'est un peu la catastrophe, quand on sait combien la photo occupe une place importante dans ma vie. Et je soupçonne que faire réparer mon appareil coûtera à peu près le prix d'un neuf... soit dans les quatre chiffres... ouch !

Et puis, j'ai plein d'images à prendre pour vous les montrer !

Il va falloir que je me résigne à utiliser le petit point & shoot que j'ai acheté après Noël. Cet achat compulsif s'était fait dans le but de me défrustrer pour toutes les fois où je n'avais pas mon appareil sur moi - car trop encombrant - et que des sujets extraooordinaires se présentaient. Avec le petit point & shoot, je pouvais le laisser dans ma poche, l'emmener à cheval, etc.

Pour faire exprès, je ne l'avais pas avec moi ce matin. Mais j'avais mon gros appareil. Celui que j'affectionne (on se connaît bien tous les deux !)

Bon. Heureusement que j'ai peu prendre quelques images avant la défection de mon ex-fidèle collaborateur à ce blog.

Alors, de ce bébé, ce qui m'a frappé le plus, ce sont ses beaux grands yeux tellement expressifs :




De beaux grands yeux comme ceux-ci, quelle douceur !
Un jolie regard naïf sur le monde...




Et des oreilles toutes douces et poilues ! :




Il manque un peu de boucles, mais c'est une bien jolie oreille quand-même...




Et que dire de ce joli petit nez, humide et retroussé
dans l'espoir d'identifier la visiteuse, cette drôle de
bête à deux pattes qui ne ressemble pas du tout à sa maman...




Ça fait des plis quand ça se retrousse !
C'est mignon !




Mais la plus grosse surprise, c'est qu'il n'y avait pas
un bébé...



MAIS DEUX !!!





Deux adorables petites soeurs !





Deux adorables et mignonnes minuscules génisses Jersey
nées chez notre voisin d'en face !!!





N'est-ce pas que c'est un bien joli bébé ?


Bon, si maintenant Adélita voulait bien aussi se laisser attendrir et pondre son bébé,
cela me permettrait d'enfin dormir dans mon lit !


(et oui, ces deux mignonnettes sont bien nées le 1er avril... ce n'est pas une blague !)